Projet :

Maison de la petite enfance - Suzanne Lacore














© Stephan Lucas et Olivier Wogenscki

Description :

Une volumétrie simple avec une grande variété d’espaces au service de l’éveil des enfants

The third teacher. Dans la pédagogie de Reggio, les enfants développent au contact des adultes - parents ou éducateur -, au contact de leur pair, et enfin au contact de leur environnement physique, le troisième enseignant."

Lomme est une ville manifeste du XXe siècle. Sa physionomie est marquée par la révolution industrielle et ses conquêtes sociales, les bombardements de la seconde guerre mondiale puis la récession économique qui a touché le Nord de la France. C’est un patchwork d’usines, de friches ferroviaires, de maisons en bandes, de grandes opérations de logements et d’infrastructures publiques à dominantes sociales. En lieu et place d’une ancienne fabrique, en lisière d’un parc accueillant un centre socioéducatif de l’entre deux guerres et la nouvelle médiathèque, la ville de Lomme décida la création d’un petit centre civique dont la maison de petite enfance est la première pierre. C’est un site chargé d’histoire, marqué par les constructions de briques voisines et les arbres centenaires du parc. Comment articuler le passé industriel du site, le parc arboré et les maisons de ville en brique si typiques de l’agglomération lilloise ? Comment inscrire un petit équipement de proximité dans ce site en mutation, au projet urbain encore incertain ?

Minimalisme ?
Anticipant un projet urbain aux contours flous, la maison de la petite enfance s’ancre sur les immuables du site : les arbres centenaires du parc, le boulevard, les constructions de briques voisines et le passé industriel du site. La réponse apportée est violemment neutre. C’est une galette de 30 m de large, 60 m de long et 4,2 m de haut. La moitié inférieure est vitrée, la moitié supérieure est en acier rouillé. Le verre reflète les rues, le parc, les herbes folles de terrain avoisinant et disparait parfois suivant les lumières et les points de vue : l’acier rouillé semble alors flotter dans les airs. Depuis le boulevard, cette grande horizontale à la matière patinée semble porter, comme le plateau d’une nature morte, les arbres centenaires du parc. Depuis le parc, elle le protège acoustiquement et visuellement des nuisances du boulevard. L’acier rouillé répond aux briques des constructions voisines, rappelle les longs murs de la fabrique initialement présente, résonne avec les teintes du parc, celle de la terre détrempée et des écorces des arbres. La partie inférieure vitrée est partitionnée par desvolumes opaques accueillant les services et lieux d’intimité. La partie supérieure en acier rouillé innerve techniquement le bâtiment. Elle est sculptée en sous face, créant des spatialités différentes pour les différents programmes. Anticipant la construction de bâtiments voisins plus haut, la toiture est traitée comme un grand deck. Les éléments techniques disparaissent dans des cours anglaises recouvert de caillebotis métalliques. Cette galette haute en acier rouillé devient littéralement le toit de la maison de la petite enfance, unifiant et protégeant.

Une organisation prototypique : la rue intérieure
Profitant que le terrain d’assiette de la maison de la petite enfance est un îlot de forme quasi rectangulaire et presque horizontal, dont la superficie correspond exactement au programme – espaces extérieurs compris - la maison de la petite enfance s’installe uniquement à rez-de-chaussée. Ceci facilite le travail des éducateurs, mais aussi le déplacement des enfants. Elle s’organise autour d’une rue intérieure traversant le projet dans sa longueur suivant un axe Est/ Ouest. L’entrée se positionne à l’Ouest dans le prolongement de cette rue, cherchant l’animation qu’apporte l’entrée du parc et la cantine inter-école voisine. Un préau d’accès permet aux parents et à leurs enfants d’attendre, le cas échéant, l’ouverture de la crèche à couvert et à l’abri des nuisances de la rue. L’accueil s’effectue dès le début de la rue, permettant un contrôle mais aussi une plus grande proximité avec les parents, notamment ceux souhaitant bénéficier des services de la PMI (Protection Maternelle Infantile) installée derrière la banque d’accueil. Au Sud de la rue, l’univers des tout petits propose un multi-accueil de 18 berceaux à proximité de l’entrée, puis trois unités de 18 berceaux chacune. L’ensemble s’ouvre en façade Sud sur des préaux, aire de jeux, jardin et potager. La rue intérieure est bordée au Nord par l’accueil, sanitaires, lingerie et bureau puériculteur qui s’éclairent et se ventilent naturellement sur trois patios. Ceux-ci apportent à la rue un complément de lumière naturelle, et lui imprime un rythme favorisant son appropriation par les enfants. Au-delà de ces locaux, un couloir pour l’équipe encadrante dessert PMI, bureaux, salle de réunion et de détente, cuisine contiguë à la cour de service. Ils profitent d’une vue au Nord sur le parc arboré.

Une maison de la petite enfance est un lieu aux pratiques complexes. C’est un lieu d’accueil pour les tout petits qui doit les éveiller, les accompagner, les protéger. C’est aussi un lieu de travail pour les adultes qui doit être pratique, modulable, efficace et confortable. Comment articuler des attentes, des temporalités, des vitesses et des échelles si différentes ?

Maître d'ouvrage:

Ville de LOMME

Maître d'oeuvre:

CFA - COLBOC FRANZEN & Associés

Photographes:

Stephan Lucas et Olivier Wogenscki

 
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